Résumé
Le parasitisme dans l’Afrique contemporaine : lecture sociocritique de La Secrétaire particulière de Jean Pliya et Le Mandat de Sembène Ousmane. Malgré l’abondance des travaux consacrés à la littérature africaine postcoloniale, peu d’études ont analysé de manière systématique le parasitisme social comme catégorie centrale d’interprétation des dysfonctionnements sociopolitiques africains. La majorité des recherches se concentre soit sur la dénonciation générale de la corruption, soit sur la critique des élites politiques, sans toujours établir un lien approfondi entre littérature, comportements sociaux et structures de gouvernance. Cette étude répond donc à un manque d’analyse intégrée du parasitisme comme phénomène transversal affectant à la fois les institutions et les relations sociales dans les œuvres littéraires africaines.
Cette recherche vise à analyser les manifestations du parasitisme social en Afrique postindépendante, à étudier les mécanismes de corruption, d’égoïsme et d’exploitation dans les œuvres sélectionnées, à montrer comment la littérature reflète et critique le dysfonctionnement des sociétés africaines contemporaines, et à démontrer le rôle de la littérature comme outil de dénonciation sociopolitique.
L’étude s’appuie sur la sociocritique, qui permet d’analyser les œuvres littéraires en relation avec leur contexte historique et social de production. Ce cadre est particulièrement pertinent car, selon cette approche, le texte littéraire constitue une médiation des réalités sociales et des structures de pouvoir. La sociocritique permet ainsi de comprendre comment les œuvres de Jean Pliya et de Sembène Ousmane traduisent les tensions, contradictions et déséquilibres des sociétés postcoloniales africaines.
L’analyse de La Secrétaire particulière et de Le Mandat révèle que le parasitisme constitue une pratique sociale profondément enracinée dans les sociétés africaines postindépendantes. Dans La Secrétaire particulière, il se manifeste à travers une bureaucratie inefficace dominée par des fonctionnaires paresseux et irresponsables. Les résultats montrent également que le parasitisme est étroitement lié à la corruption, à l’immoralité et à l’égoïsme. Il apparaît comme un système social généralisé dans lequel les individus cherchent à tirer profit des ressources collectives ou privées sans contribution équitable. Cette recherche contribue à une meilleure compréhension des représentations littéraires des dysfonctionnements sociopolitiques en Afrique postcoloniale. Elle enrichit ainsi les études sociocritiques de la littérature africaine en mettant en évidence l’articulation entre fiction littéraire et réalités socio-historiques.
Mots-clés : Parasitisme, Littérature africaine, Postindépendance, Sociocritique, Corruption, Gouvernance
Authors:
Member Ordue
Department of Buisiness Administration
Joseph Sarwuan Tarka University Makurdi
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